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À chacun son genre

Directeur de création et stylisme, Yann Weber. Photographe, Raffaele Cariou. Producteur, Guillaume Folliero de Luna. Modèles, Asta Stensson et Cyryl S

Deux mannequins portent chemises Custom Made

À l'heure de la mode genderfluid et des défilés mixtes, les personnes s'identifiant en dehors du schéma traditionnel de la binarité du genre revendiquent leur légitimité et accèdent à une visibilité toujours plus forte.

Une femme, un homme : voilà ce à quoi s'est longtemps limitée la perception du genre. Érigée en norme, cette dichotomie entre ces deux pôles en marge de laquelle il n'existerait rien d'autre constitue le socle sur lequel notre société reste profondément vissée. Pourtant, à en croire un sondage de YouGov réalisé en mars dernier pour l'Obs, les 18-44 ans sont 14% à déclarer avoir le sentiment de n'appartenir ni au genre masculin ni au genre féminin stricto sensu. Toujours plus nombreuses et gagnant en visibilité, ces personnes se présentant comme « non-binaires » revendiquent des identifications multiples et variées. Cependant, qu'il·elle·s s'identifient comme « transgenre » (ayant une identité de genre qui diffère du sexe assigné à la naissance), « gender free » (naviguant entre les genres) ou encore « agenre » (c'est-à-dire refusant toute identification par rapport à un genre quelqu'il soit), tou·te·s cherchent à légitimer l'existence de conceptions alternatives. Des voies parallèles, libérées des carcans de cette polarité que les sciences sociales nomment « binarité ». Car le genre serait davantage comparable à un spectre multicolore dont il·elle·s incarnent l'infinité de nuances. Qualifiée de « no gender », cette approche selon laquelle les genres peuvent fluctuer et se mélanger séduit de plus en plus de domaines d'activités, qui s'interrogent sur la nécessité de catégoriser leurs produits selon une dualité enracinée mais toujours plus remise en question. Qu'il s'agisse en premier lieu de la mode, du parfum et des cosmétiques, ou encore de l'industrie du jouet (Mattel, le créateur de Barbie, vient de lancer une gamme de poupées présentant un genre neutre), du cinéma ou - depuis peu - de la chirurgie esthétique. Plus qu'une tendance, ce véritable mouvement de fond reflète le changement progressif des mentalités. Il signale que le mur qui sépare le genre en deux catégories s'effrite pour laisser place à davantage d'équité et d'inclusivité.

La mode : une pionnière dans la déconstruction des stéréotypes de genre

Connue pour son avant-gardisme et sa capacité à retranscrire les évolutions de la société avant même que ces dernières ne soient perceptibles, l'industrie de la mode est l'un des premiers secteurs à avoir remis en cause la binarité du genre. Dès les années 1980, des couturier·ère·s tel·le·s que Jean-Paul Gaultier n'hésitent pas à brouiller les pistes et à intervertir les stéréotypes de la féminité et de la masculinité pour composer des silhouettes androgynes. D'ordinaire considérés comme des attributs féminins, les corsets enserrent ainsi des bustes d'hommes tandis que les femmes paradent sur les podiums en costume-pantalon, symbole de puissance et accoutrement favori du patriarcat. « J'aime inverser les rôles, briser les codes établis qui n'ont plus de sens aujourd'hui. Je ne crois pas que les tissus aient un sexe, pas plus que certains vêtements » déclarait Jean-Paul Gaultier à l'occasion de la rétrospective que lui consacrait le Grand Palais, à Paris, en 2015. « Une fille au masculin ; un garçon féminin » chantera en 1985 Indochine sur son x 3ème sexe, d'ailleurs utilisé en 2008 par le couturier pour l'une de ses publicités. En 1985, lors de son défilé Et Dieu créa l'Homme, comme un écho au smoking pour femme de Saint Laurent, Jean-Paul Gaultier lance par ailleurs la jupe pour homme.

DANS CE LOOK :

Gauche. Elle : Veste Mugler, Pantalon Mugler, Sneakers Givenchy, Sac Givenchy. Lui : Veste Mugler, Pantalon Mugler, Sneakers Givenchy, Sac Givenchy. Droite. Elle : Veste Antidote, Top Antidote, Jeans Levi's, Sneakers Givenchy. Lui : Veste Antidote, Top Antidote, Jeans Levi's, Sneakers Givenchy.

Dans les années 1990, cette volonté de déconstruction des stéréotypes de genre se poursuit avec le lancement par Calvin Klein d'une fragrance unisexe, baptisée « CK One », qui renverse le monde très binaire de la parfumerie. Aujourd'hui poussée à son paroxysme, notamment depuis que les défilés mixtes se sont démocratisés, cette position est reprise par des labels comme Random Identities. Lancée en 2017 par le designer italien Stefano Pilati, la marque propose à la fois, indépendamment du genre de ses client·e·s, des bottines à talons, des jupes, des robes mais aussi des pantalons et des chemises recouvertes d'un imprimé en trompe-l'œil de motif soutien-gorge. Un positionnement somme toute logique quand on sait que selon une étude de l'agence de publicité américaine J. Walter Thompson, 56% des consommateur·rice·s de la génération Z ont déjà acheté des vêtements en dehors du rayon dédié à leur genre. De quoi conforter dans leurs choix Adieu et Ambush, deux autres labels évoluant respectivement dans le monde de la chaussure et du bijou qui ont également choisi de se tourner vers des collections unisexes, ou encore Telfar Clemens, un jeune créateur de mode basé à New York et considéré comme l'un des hérauts de l'actuel mouvement gender free depuis qu'il a réussi à faire adopter le sac à main à quelques membres de la gent masculine.

En dehors de la mode, c'est dans le maquillage - un univers déjà secoué dans les années 1970-1980 par l'androgynie de David Bowie ou de Boy George mais qui continue malgré tout de cibler majoritairement les femmes - que la neutralité de genre connaît un engouement sans précédent. Pour preuve, depuis quelques années les marques de make-up proposant des produits aussi bien destinés aux femmes qu'aux hommes se multiplient. Ce développement est à lire en miroir de l'émergence sur YouTube et Instagram d'une flopée d'influenceur·euse·s tel·le·s que James Charles ou la transgenre Nikita Dragun, qui utilisent le maquillage pour exprimer et affirmer leur singularité - faisant au passage voler en éclats la binarité du genre.

Des schémas de pensée relatifs, qui fluctuent selon les époques

Une approche novatrice, voire révolutionnaire ? Il s'agit plutôt d'un retour vers le futur : le maquillage, comme les talons, les bijoux, la dentelle ou les longues perruques - repopularisées par Kylie Jenner - n'ont pas toujours été l'apanage des femmes. Pour s'en assurer, il suffit de jeter un coup d'œil aux différents tableaux représentant le roi Henri III et ses Mignons, Louis XIV ou encore le Duc de Buckingham. Perles aux oreilles ou en cascades autour du cou, chaussures à talons ornées de rubans et de boucles en métal finement ciselées, collants, rhingraves... Flamboyants et raffinés, les éléments qui constituaient les tenues masculines de la noblesse aux XVIe et XVIIe siècles sont ensuite devenus des symboles de la féminité, et donc des antithèses de la virilité. Ce constat prouve d'une part que notre conception du masculin et du féminin est changeante ; d'autre part, que nos critères de différenciation des genres sont arbitraires.

DANS CE LOOK :

Gauche. Elle : Veste Burberry, Chemise Burberry, Jupe Burberry, Sac Burberry, Talons Burberry. Lui : Chemise Burberry, Pull Burberry, Pantalon Burberry, Sac banane Burberry, Chaussures Burberry. Droite. Elle : Pull Carcel, Jeans Carne Bollente, Ceinture Moschino, Sneakers Givenchy. Lui : Pull Carcel, Jeans Carne Bollente, Ceinture Moschino, Sneakers Givenchy.

Le changement de paradigme, dont l'influence est toujours perceptible, est à imputer à une période historique qui débute à la fin du XVIIIe siècle et s'étend durant tout le XIXe durant laquelle la mode devient peu à peu réservée aux femmes. Dans l'Émile (1762), Rousseau écrit ainsi que « la femme est coquette par état » et ajoute que « les petites filles, presque en naissant, aiment la parure ». Les magazines de l'époque contribuent aussi à renforcer ces conceptions. De sorte que les hommes qui osent se jouer de cette polarisation sexuée des apparences deviennent la cible de critiques homophobes récurrentes. Comme les « Macaroni » en Angleterre, auquel The Oxford Magazine reproche en 1770 de n'être « ni mâles ni femelles » car s'affichant dans des tenues excentriques qui défient l'ordre établi. Dans les années 1780, le concept du costume masculin - aujourd'hui paradoxalement au cœur de la mode unisexe - est inauguré avant d'imposer son monopole. « Ainsi, les sobres et sombres habits, fracs et autres redingotes, excluent les hommes de l'univers de l'ostentation vestimentaire, désormais féminin » écrivent Denis Bruna et Chloé Demey dans leur Histoire des modes et du vêtement. Pour nommer ce phénomène, le psychanalyste britannique John Carl Flügel parlera lui de « grande renonciation masculine ». Fondé en 2015 par l'Espagnol Alejandro Gómez Palomo, le label Palomo Spain semble essayer de revenir à l'époque précédant cet appauvrissement. Colorées et exubérantes, ses créations rendant hommage à des modes passées « reféminisent » le vestiaire masculin, comme pour libérer l'homme du mythe de la virilité.

DANS CE LOOK :

Gauche. Elle : Chemise Acne Studios, Pantalon Carcel, Sneakers Givenchy. Lui : Chemise Y/Project, Pantalon Carcel, Sneakers Givenchy. Droite. Elle : Trench Givenchy, Pantalon Givenchy, Sac Givenchy. Lui : Trench Givenchy, Pantalon Givenchy, Sac Givenchy.

Un éclatement des genres

Assouplies par ce type d'initiatives qui gagnent du terrain et s'étendent à d'autres domaines, les représentations normatives de la binarité du genre exercent de ce fait de moins en moins de pression sur la jeune génération. Incarnation de l'avenir, cette dernière contribue - notamment par ses revendications exprimées lors des Marches des Fiertés organisées chaque année par les communautés LGBTQI+ - à faire bouger les lignes. Après le Canada et l'Australie, la municipalité de New York introduisait ainsi début 2019 un genre neutre sur ses certificats de naissance. Si cette initiative reste limitée à côté de la cinquantaine d'options de genres proposées par Facebook, elle constitue néanmoins une avancée importante, au même titre que le développement de pronoms neutres tels que « iel » (contraction entre « il » et « elle ») en français ou « they » en anglais pour continuer à dé-binariser la société.

DANS CE LOOK :

Gauche. Elle : Chemise Givenchy, Pantalon Givenchy, Sneakers Givenchy. Lui : Chemise Givenchy, Pantalon Givenchy, Sneakers Givenchy. Droite. Elle : Chemise Custom Made.

Autre signe de l'accélération de ce processus de « dé-binarisation », les personnalités publiques sont elles aussi de plus en plus nombreuses à assumer leur identité « non-binaire », « genderqueer » ou « agenre ». À commencer par le chanteur Sam Smith, l'acteur Ezra Miller ou encore Jaden Smith, qui n'hésite pas à revêtir des jupes sur les tapis rouges. Modèles pour de nombreux millenials, ces célébrités participent comme la mode à la propagation de nouveaux codes axés sur le mélange des genres. En parallèle, les industries de la musique et du cinéma tendent également à évoluer vers une représentation des genres décloisonnée. Ainsi, en 2017, Emma Watson recevait des mains de l'actrice non-binaire Asia Kate Dillon le prix non-genré « de la meilleure actrice ou du meilleur acteur » lors des MTV Awards tandis qu'en 2018, le festival de Cannes remettait un prix d'interprétation non-genré, pour la première fois de son histoire, à l'acteur belge Victor Polster pour son rôle dans Girl. La célébration d'un jeune talent du cinéma belge, mais aussi plus globalement de la tolérance et de l'inclusivité à l'égard des multiples identifications de genre, auxquelles notre société offre toujours plus de reconnaissance.

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