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Le retour de la slow life

Directeur de création et stylisme, Yann Weber. Photographe, Hans Feurer.
Producteur, Guillaume Folliero de Luna. Models, Maja Mihelic et Khadim Sock.
Coiffeur, Olivier Schawalder. Maquilleuse, Cécile Paravina.

Face à un monde toujours plus accéléré et nocif pour l'environnement, le confinement a remis au goût du jour des habitudes qui prennent du temps, comme les moments en famille, la cuisine maison ou la marche à pied. Et si on ralentissait, pour notre bien-être et celui de la planète ?

Pour nombre d'entre nous, la vie professionnelle va à cent à l'heure, le quotidien ultra-connecté est frénétique, la boîte mail ne désemplit pas, les notifications se multiplient... Bref, l'injonction à la rapidité est toujours plus oppressante. Résultat de cette maladie contemporaine : burnouts, vie sociale et familiale raccourcies, et une planète qui souffre de nos excès. « Le virus de la précipitation a infecté tous les domaines de notre vie : on parle vite, on marche vite, on mange vite, on pense vite. Tout est devenu une course jusqu'à la ligne d'arrivée », prévient Carl Honoré, auteur de Éloge de la nature (Éditions Marabout, 2005).

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Se forcer à ralentir serait-il la solution à cette frénésie de la vitesse ? Pour le journaliste canadien, qui a participé à faire connaître le mouvement « Slow » au début des années 2000, c'est une certitude. « Cela ne signifie pas que tout doit être fait lentement, mais qu'il faut faire les choses à la bonne vitesse : parfois, il faut être rapide, mais dans d'autres cas il faut ralentir. Le principe de la lenteur, c'est de placer la qualité avant la quantité, et d'être en phase avec l'instant présent. » Une philosophie qui se décline dans tous les domaines. La « slow flood » consiste à manger sain, local et de saison ; le « slow travel » est le fait de voyager en limitant son impact sur l'environnement ; et il existe même des « slow cities », qui désignent les villes ayant pour objectif de conserver leur identité historique face à la mondialisation.

Un monde au ralenti

Ces derniers mois, la mouvance a connu un regain de popularité. En cause : le confinement exceptionnel de près de 3 milliards d'êtres humains dans le monde. Une situation hors du commun, qui a poussé certain·e·s à se questionner sur leur choix de vie et leur mode d'existence. Les parents ont passé plus de temps avec leurs enfants, les adeptes des livraisons à domicile se sont mis aux fourneaux, les habitué·e·s des transports en commun ont fait de longues marches, les hyperactifs ont découvert le tricot et les puzzles... « Pour certaines personnes, cela a été une révélation. On a réalisé que moins se précipiter pouvait rendre plus heureux », constate Carl Honoré. 

Un quotidien métamorphosé qui a aussi permis de se reconnecter avec son environnement. Côté cuisine, les consommateur·rice·s se sont tourné·e·s vers les commerçant·e·s locaux·les et le circuit court. Les citadin·e·s ont par ailleurs retrouvé un intérêt pour la nature. Selon une étude de la Fédération nationale de l'immobilier, 200 000 Français·e·s habitant en ville ont envisagé de migrer vers la campagne dès la fin du confinement.

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Gilles Vernet, un ancien trader devenu instituteur, a réalisé le documentaire Tout s'accélère, sorti en 2015, dans lequel il s'interroge avec ses élèves de CM2 sur l'accélération vertigineuse de notre monde. Pour lui, le rapport à la nature est central dans la théorie du ralentissement. « Le philosophe allemand Hartmut Rosa, qui m'a donné envie de faire mon film, l'explique bien. L'accélération nous empêche de vivre des moments avec la nature. Or nous avons besoin de ressentir le vent, l'air marin, la végétation et tout ce qui nous entoure. C'est le sel de nos vies. »

Mettre un coup de frein pour protéger notre planète

Les effets écologiques positifs du changement imposé de nos comportements se sont déjà fait sentir. Lorsque les usines se sont mises à tourner au ralenti et que les déplacements en voiture et en avion ont été réduits au minimum, les citadin·e·s ont remarqué que les oiseaux s'étaient remis à chanter et que l'air était plus respirable. En Chine, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué d'un quart en quatre semaines, soit 200 millions de tonnes de CO2, ce qui représente presque les deux tiers des émissions annuelles de la France. La nature semble même reprendre physiquement ses droits. À travers le globe, des cerfs, des canards ou encore des dauphins sont apparus en zone urbaine ou dans des endroits où ils avaient disparus. 

S'agit-il d'une parenthèse qui sera vite oubliée, ou nos modes de vie vont-ils conserver un rythme ralenti, dans une certaine mesure, une fois le Covid-19 loin derrière nous ? Florence de Ferran, spécialiste des comportements socialement responsables et maîtresse de conférences en sciences de gestion à l'université de la Rochelle, reste hésitante sur le sujet. « Sur le plan de la psychologie, on sait que l'individu modifie ses comportements s'il y a des éléments contextuels qui le conduisent à faire ces choix. Or on peut craindre qu'à la sortie du confinement les individus reprennent leurs habitudes. » À moins que les gouvernements ne prennent des décisions sociétales incitant à conserver ces modes de vie. « Il faut mettre en place des lois qui incitent à avoir des comportements vertueux pour l'environnement », estime ainsi Florence de Ferran.

Des évolutions en cours

Heureusement, certains changements semblent déjà s'inscrire dans la durée, comme celui des villes qui ont choisi de mettre en avant le vélo. À Paris, de nouvelles pistes cyclables ont été créées le 11 mai 2020, et la mairie envisage d'en pérenniser certaines. Concernant le télétravail, de nombreux·ses employé·e·s se sont rendu·e·s compte de l'intérêt de pouvoir jouir de davantage de flexibilité concernant leurs horaires, et de passer moins de temps dans leur véhicule ou le métro. Plusieurs entreprises envisagent de le maintenir de façon hybride. 

Pour Carl Honoré, deux mois de confinement ne peuvent ainsi pas complètement disparaître des esprits. « Nous avons vécu la plus grande expérience de ralentissement que le monde ait jamais connue. C'est très différent d'en entendre parler de façon abstraite et de le vivre réellement », constate le chroniqueur au magazine The Economist. « Alors que nous avions l'habitude que d'autres personnes nous donnent le programme de notre vie, le confinement nous a permis de reprendre le contrôle de notre temps, d'avoir plus de liberté pour choisir notre propre rythme. » Et selon l'auteur, une plus grande autonomie temporelle permet d'être plus productif·ve, plus créatif·ve, plus épanoui·e et plus proche de la nature. « Ceux qui ont vécu l'expérience sensorielle d'une vie plus lente et plus saine ne pourront pas l'oublier », conclut-il.

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