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Banu Bora Mumcu, fondatrice d'In The Mood For Love : Il faut faire les choses avec le coeur

Crédit photo : In the mood for love

La créatrice Banu Bora Mumcu a fondé la marque In The Mood For Love en 2016 avec l'architecte d'intérieur Rezzan Benardete. Figure de proue de la mode d'Istanbul, In The Mood For Love, inspirée de l'hospitalité turque et du cinéma, reflète la richesse culturelle et l'énergie d'une ville qui fait le pont entre l'Europe et l'Asie. Printemps.com s'est entretenu avec Banu Bora Mumcu, designer et philanthrope, en pleine préparation de sa prochaine collection.

Printemps.com : Comment est née la marque In The Mood For Love ?
Banu Bora Mumcu : Il y a quelques années, mon mari et moi avons créé à Istanbul un concept store appelé Midnight Express - le premier espace de ce type à distribuer des créateurs turcs,vendus nulle part ailleurs à l'époque. Mais ma formation de designer de mode m'a vite rattrapée. J'ai rencontré l'architecte d'intérieur Rezzan [Benardete,NDLR] par l'intermédiaire de mon mari, et nous avons eu l'idée de lancer une ligne de vêtements d'intérieur pour la vendre dans sa boutique de décoration. Recevoir des gens à la maison fait partie intégrante de la culture de notre pays, nous avons le sens de l'hospitalité. Mais lorsqu'on organise des fêtes chez soi, il y a des codes à respecter.Par exemple, vous ne pouvez pas être mieux habillé que vos invités. Vous devez être enthousiaste, accueillant, faire plaisir et transmettre cette humeur-là. J'avais tout cela en tête quand j'ai imaginé un pyjama à paillettes, le premier produit que nous avons lancé. Il a connu un succès immédiat. Nous avons une communauté fidèle ici, qui nous a soutenues dans ce projet.

Pourquoi avoir baptisé votre marque ainsi ?

Je suis croyante et dans la vie, on s'accorde parfois des périodes de réflexion, on s'interroge sur le chemin à prendre... Avant de lancer la marque, j'étais dans cet état d'esprit. Comme lorsqu'on prend une profonde respiration avant de commencer une nouvelle aventure. Il y a un poète mystique turc appelé Rûmî - il a vécu au XIII siècle et a influencé le soufisme - que j'aime beaucoup et qui m'inspire. Il est devenu célèbre par la suite. Madonna possède même certains de ses poèmes. Ce dicton est de lui : « L'amour est le pont entre vous et tout le reste. »
Je crois beaucoup à cela, cette philosophie me guide et cela m'a permis de me reconnecter à mes rêves. Je crois vraiment qu'il faut faire les choses avec le cœur, en y mettant tout son amour, car sinon ça ne dure pas, ça devient sec et ennuyeux... On se lasse.

Crédit photo : In the mood for love

Je pensais que vous aviez choisi ce nom en hommage au film de Wong Kar-wai, car je crois savoir que vous êtes une grande cinéphile.
J'ai toujours été une grande consommatrice de films. J'ai grandi en Turquie, dans un pays très fermé, avec des sources d'évasion limitées... Je suis donc devenue une lectrice assidue et une fan de cinéma, ma deuxième passion. Enfant, je regardais seulement les films à la télé, le dimanche matin à 10 h, il y avait en général un western stupide, je le ne ratais jamais ! Plus tard, j'ai été autorisée à sortir avec mes amis. Nous habitions à la campagne, on marchait 15 minutes pour aller à la gare prendre un train qui nous conduisait au cinéma le plus proche. Je n'oublierai jamais la première fois que je suis entrée dans un cinéma. Depuis ce jour, le virus m'a mordue ! Vous avez raison de dire qu'In the Mood for Love est aussi très inspirée du film de Wong Kar-wai.

Le cinéma inspire donc vos créations ?
Oui, bien sûr ! Parce que lorsqu'on regarde un film pendant deux heures, on se met à la place des personnages, on s'oublie. Et on peut ainsi s'échapper du monde dans lequel on vit ; c'est ce qui me fascine. On peut être quelqu'un d'autre, ailleurs, en deux heures. C'est comme dans un rêve.

Pour décrire vos créations, vous parlez d'un clash entre l'esprit boudoir et la haute couture. Pourriez-vous nous en dire plus sur cette philosophie ?
Dans In the Mood for Love, il est avant tout question d'émotions, de sentiments, d'intériorité. Le monde intérieur des femmes m'a vraiment inspirée et il prend vie dans la chambre des jeunes filles. Nous rêvons dans nos chambres. Nos premières pièces ont découlé de cet esprit : pyjamas, kimonos et robes de nuit. Et l'idée était de transposer cela hors de l'intimité, de pouvoir sortir, faire la fête, tout en gardant ce sentiment en nous. En l'élevant en somme, avec un vrai savoir-faire et des détails de sophistication haute couture.

Crédit photo : In the mood for love

L'esprit « house party » festif et joyeux fait partie de l'essence de votre marque, il transparaît notamment dans vos total looks en sequins. Dans quelle mesure la fête fait-elle partie de votre lifestyle ?
J'ai été élevée dans une maison toujours pleine d'invités. Mon père était originaire du Monténégro, le turc était sa deuxième langue. Il rencontrait des gens et il les invitait à la maison, il nous disait à ma mère et moi que c'étaient des cousins du Monténégro... On les hébergeait, mais on savait bien qu'il venait tout juste de faire leur connaissance. Nous aimons accueillir des gens, Rezzan est comme ça aussi. Nous aimons organiser des fêtes et je crois que nous sommes bonnes dans ce domaine ! C'est important de partager, de célébrer.

« Nous sommes très heureux de lancer ce partenariat exclusif avec le Printemps qui donne vie à notre collection printemps-été 2020 à travers une installation offrant une expérience unique, créative et impactante. »

Rezzan, votre associée, cofondatrice de la marque, est architecte d'intérieur et vous êtes designer de mode. Comment vous répartissez-vous les tâches ?
Rezzan a étudié la finance et l'économie, elle supervise donc la partie business. Je m'occupe de la partie création et production. Nous sommes deux personnages très différents : je suis introvertie alors que Rezzan est extravertie. Elle parle, je pense et je crée. Nous sommes totalement complémentaires.

Et je crois aussi savoir que vous êtes deux grandes amies...
Oui tout à fait, et je connais bien sa famille. Elle a vraiment un excellent goût ! Je l'aime vraiment comme une amie, j'ai confiance en elle. Nous avons une grande différence d'âge, je suis donc un peu comme une soeur aînée pour elle. Nous partageons tant de choses en dehors du travail...

Comment se développe la mode à Istanbul et en Turquie en général ?
Elle s'est beaucoup développée en 20 ans. À l'époque, c'était considéré comme bizarre d'être créateur de mode, enfin disons que c'était encore assez rare. Mais aujourd'hui, les choses ont beaucoup évolué, il y a une génération de jeunes designers qui créent leur marque. Ils obtiennent du succès à l'échelle mondiale avec l'aide des réseaux sociaux. Le monde est plus ouvert aux créateurs de mode venant de différents pays. Cette logique se voit aussi naturellement en Turquie où de nombreuses marques se sont lancées.

Crédit photo : In the mood for love

Dans quelle mesure la richesse de la ville d'Istanbul vous inspire-t-elle ?
La culture est très riche et très ancrée et l'énergie de la ville est intarissable, c'est très stimulant. Vous pouvez vous déplacer dans différents endroits à Istanbul, c'est comme si vous voyagiez dans un autre pays. La ville a de multiples visages. Elle est aussi très peuplée, avec de nombreuses ethnies, c'est ce qui lui donne sa richesse culturelle. En Turquie, nous sommes habitués aux crises, il se passe beaucoup de choses politiquement, mais aussi géographiquement... nous avons des tremblements de terre ! Et je peux être créative dans des situations chaotiques.

Êtes-vous engagée pour promouvoir une mode plus durable ?
Nous faisons beaucoup de travail social. C'est devenu très à la mode et tout le monde en parle, mais dans notre culture, il n'est pas vraiment approprié de parler de qui vous aidez. Nous aidons les gens, les organisations caritatives, mais nous ne voulons pas en faire de la publicité. Tout simplement parce que c'est censé être comme ça. Ma partenaire est une grande philanthrope ainsi que sa famille, mais nous n'en parlons pas vraiment.

Vous préférez la discrétion ?
Nous nous engageons pour notre peuple, notre pays, à changer des vies. Nous offrons des emplois à des personnes dans le besoin. Mais, effectivement, nous n'aimons pas vraiment en parler.

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