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L'Actu
Par Clémence Langé | Le lundi 4 avril 2022
Quelques jours après la clôture de la semaine de la mode parisienne, la MVFW s'ouvrait le 24 mars dernier avec le défilé Dolce & Gabbana, déjà novice dans l'exercice du virtuel depuis le lancement d'une série de NFT partie à plus 5,6 millions de dollars. Une fois notre avatar créé et notre wallet virtuel connecté, nous sommes entrés dans un nouveau monde. Celui de l'UNXD Luxury District une version pixélisée et américanisée de notre chère Avenue Montaigne. Au milieu des boutiques érigées pour l'occasion, c'est dans une sorte de stade, habillé d'un catwalk en forme de 8, que les défilés prenaient place. Le premier, celui de la griffe italienne, faisait déambuler une vingtaine de looks sur des mannequins à tête de chat, devant une audience bien plus réduite que la taille des gradins. Côté style, on retrouvait les codes classiques de la Maison comme le logo ou les épaules structurées tout juste mis à jour par un curseur créatif poussé à l'extrême.?
Au-delà d'une attractivité nouvelle et excitante pour la mode 3.0, cette première fashion week pose une réelle question aux marques : doit-on se fier à l'image du monde réel ou doit-on s'adapter aux codes et aux libertés que nous offre le virtuel ? Si Dolce & Gabbana ou encore le créateur allemand Philipp Plein ont choisi la seconde option, d'autres griffes comme Etro ont plutôt opté pour des versions virtuelles de leur propre collection. Seul hic, dans les rangs ou plutôt les gradins du stade, l'extravagance de certains utilisateurs rendait les silhouettes plus insipides qu'elles ne l'étaient. Confrontés aux elfes armés d'épées laser et habillés de combinaisons fluos, aux centaures affublés de lunettes de soleil lumineuses ou encore aux créatures volantes entourées d'une nuée d'étoiles les créations imprimés bandana perdaient malheureusement de leur superbe.?
Looks du défilé virtuel présenté par la marque Etro
Entre les défilés, nous n'avons pas résisté à nous perdre dans les ruelles de Decentraland où beaucoup de marques avaient choisi de s'installer pour l'occasion. On a pu découvrir une exposition de la griffe anglaise Alexander McQueen, qui en plus d'une vidéo animant une collection de couture 3.0 dans une ambiance mythologique, disposait à l'étage les looks digitaux pour encore mieux en apprécier les détails. La marque française IKKS proposait dans sa boutique quelques pièces virtuelles à acheter, tout comme Tommy Hilfiger, Cider ou encore Elie Saab. Bien loin d'une finalité commerciale, les marques ont joué le jeu de cette première édition à fond, ou en tout cas dans la limite des capacités technologiques de la plateforme. Également présents, les pure players de la couture virtuelle étaient aussi de la partie. DressX a choisi un autre lieu de Decentraland pour son défilé : Kollectif Catwalk. Boosté par son expertise doublée d'une technologie maîtrisée, le multi-marques révélait une jolie collection créative et plus réaliste que ses concurrents.?
Comme dans la « vraie vie » d'autres labels avaient organisé des after party. Des moments d'échanges (puisqu'il est possible de chatter) animés par Bob Sinclar et Hogan et la chanteuse Grimes pour l'événement Charlie Cohen x Rstlss Collection.
Mais malgré ces belles initiatives, les bugs et les erreurs d'agenda n'ont pas joué en la faveur de la MVFW et ont quelque peu entaché l'expérience. La plupart des utilisateurs ne possédant pas de PC de gaming, beaucoup ont dû actualiser leur page plusieurs fois au risque de louper un défilé ou de ne pas avoir de son. Autre critique relevée par bon nombres d'utilisateurs et de journalistes : le futur ressemble au passé. En termes de graphismes, il est vrai que Decentraland et les vêtements proposés manquaient de détails. La pixellisation tenait plus à celle de la première version des Sims ou de Zelda que des dernières créations des studios Rockstar. Nous prônons ici l'indulgence d'une technologie 3D qui se développe à vitesse grand V et qui n'attend que de nous surprendre, peut-être avec des expériences phygitales ?