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Des catwalks aux musées : quand l'histoire de la mode s'écrit en direct

Composition florale en forme de hoodie

Pièce présentée dans l'exposition « The Hoodie ». © Devan Shimoyama, Février II, 2019. Courtesy of De Buck Gallery, New York, NY et The Alison Katz Wo

À peine présentés sur les podiums des Fashion Weeks, les vêtements se retrouvent déjà dans les expositions de mode, toujours plus nombreuses et médiatisées. L'histoire de la mode s'écrit donc désormais en direct, mais selon quels critères ? Printemps.com a interrogé plusieurs commissaires d'exposition pour comprendre comment elle·il·s effectuent leur sélection de modèles à acquérir.

Des hoodies Vetements et Balenciaga exposés actuellement à Rotterdam au Het Nieuwe Instituut ; une paire de sneakers signée Virgil Abloh pour Louis Vuitton présentée au MAD dans le cadre de l'exposition « Marche et démarche. Une histoire de la chaussure », au milieu de souliers anciens ; des créations Vivienne Westwood, Prada, Burberry, C.P. Company, Stone Island et Palace présentes dans l'expo « Invisible Men », organisée cet automne à l'Université de Westminster... Tout juste aperçues sur les podiums, Instagrammées puis publiées sur Vogue Runway, les pièces de défilés se retrouvent au musée, au milieu de costumes anciens, immortalisées dans des expositions de plus en plus médiatisées.

Et la liste des silhouettes des dernières Fashion Weeks que l'on retrouve quelques mois plus tard à peine sur des bustes Stockman et dans les catalogues d'expositions ne fait que s'allonger... L'accélération des rythmes de la mode toucherait-elle également les musées ? Dans l'exposition « Let's Dance ! Le vêtement entre dans la danse : des tutus aux sneakers » du Musée d'art de La Haye, on aperçoit du Dior par Maria Grazia Chiuri ou du Schiaparelli daté de l'été 2019. Au musée Bourdelle, à Paris, dans l'exposition « Back Side / Dos à la mode » - gros succès de l'année 2019 - on retrouvait également des pièces très récentes : des robes tout juste commercialisées signées Givenchy Haute Couture par Clare Waight Keller ou Yohji Yamamoto, mais aussi un t-shirt de foot Mbappé n°10 et la désormais célèbre veste Zara portée par Melania Trump en 2018 portant l'inscription : « I really don't care, do you ? ».

Exposition « Back Side / Dos à la mode ». © Pierre Antoine pour Paris Musées.

La mode, marqueur d'une époque

Multiplication des rétrospectives des grandes maisons de luxe (Martin Margiela, Alexander McQueen, Thierry Mugler, etc.), couverture médiatique de plus en plus intense et public toujours plus nombreux : les expositions font désormais partie intégrante du système de la mode. En 2017, plus de 708 000 visiteur·euse·s, soit une moyenne de 3500 par jour, ont afflué à la grande exposition Dior au MAD : un record pour une expo focalisée sur un·e designer à Paris. Alors qu'il existait, il y a peu de temps encore, une vraie réticence à exposer la mode (on considérait qu'elle n'était qu'un bien de consommation qui devait rester en boutique), ces événements participent à la consacrer comme patrimoine culturel, comme une forme d'expression qui raconte la sensibilité d'une époque. Et les sujets abordés sont de plus en plus pointus et ciblés : expo sur la mode et la bande-dessinée (La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image à Angoulême, 2019), sur la perception du dos (Musée Bourdelle, 2019), sur le style camp (Costume Institute du MET, 2019), sur la mode masculine (Université de Westminster, 2019) ; tandis que les pièces exposées sont de plus en plus récentes... Comment les directeur·rice·s de musée et commissaires d'exposition choisissent-il·elle·s de les intégrer à leurs fonds ? Comment misent-il·elle·s en avant-première sur tel ou tel succès, anticipant ainsi leur impact sur l'histoire de la mode et de la société ?

Exposition « Back Side / Dos à la mode ». © Pierre Antoine pour Paris Musées.

Le « See now, buy now » des commissaires d'exposition

Pour enrichir les collections, ces professionnel·le·s ont l'habitude d'assister aux défilés dans le but de repérer les nouvelles pièces à acquérir. C'est le cas d'Alexandre Samson, responsable des collections contemporaines au musée de la mode parisien Palais Galliera et commissaire de l'exposition « Back Side / Dos à la mode ». Pour créer un dialogue entre les styles et les époques et développer leur fonds, les musées disposent d'un budget spécifique, mais souvent limité. « Le budget d'acquisition du Palais Galliera est de 30 000 euros par an pour huit départements, ce qui représente un montant très faible, souligne Alexandre Samson. Mais, depuis 2014, nous recevons l'appui exceptionnel de la Vogue Paris Foundation, un fonds de dotation qui permet au musée d'avoir 200 000 euros en plus pour acheter des pièces. Par ailleurs, les maisons partenaires de la fondation (mais aussi d'autres qui ne le sont pas) nous font chaque année don d'une silhouette complète de leur dernier défilé ». Une soixantaine de pièces signées Balenciaga, Balmain, Burberry, Celine, Christian Dior, Givenchy, Gucci et d'autres rejoignent ainsi les collections du Palais Galliera chaque année.

Pièces présentées dans l'exposition « Invisible Men ». © Westminster Menswear Archive.

Des critères de sélection spécifiques

Comment, avec si peu de recul, peut-on prévoir que des pièces récentes marqueront l'histoire (de la mode) ? Chaque commissaire a sa propre grille d'analyse, qui s'inscrit dans le respect des règles muséales. « Je travaille comme un collectionneur : chaque nouvelle acquisition doit s'intégrer dans notre fonds, venir s'inscrire dans le prolongement des pièces que l'on possède déjà, détaille Alexandre Samson. J'accorde également beaucoup d'importance à l'aspect formel des pièces : les silhouettes doivent pouvoir vivre immobiles. Le sportswear, par exemple, s'expose très mal. » Au Musée d'art de La Haye, les consignes sont strictes également : « Chaque acquisition est discutée avec notre direction et nous devons apporter de solides arguments. On n'achète jamais une pièce pour une occasion unique, chaque modèle doit intégrer l'esprit de notre collection : nous privilégions une mode portable plus que conceptuelle, des vêtements liés au corps, à son mouvement. C'est une vraie responsabilité de choisir ces pièces car elles seront ensuite vues par de très nombreux visiteurs... », souligne Madelief Hohé. Pour Andrew Groves, l'aspect design est capital : « Avant d'être esthétique, notre sélection est technique et fonctionnelle. Ainsi, par exemple, nous avons acquis récemment une veste Vollebak, la première veste commercialisée enduite de graphène, un matériau ultra résistant et surtout très conducteur, ainsi qu'un modèle en laine de A-COLD-WALL*, aux propriétés innovantes. »

Pièces présentées dans l'exposition « Invisible Men ». © Westminster Menswear Archive.

Lorsque les achats se font en showroom juste après le défilé, il faut être rapide et efficace. Difficile de ne pas céder aux impulsions lorsqu'on manque de recul... « Il ne faut pas perdre son temps en conjectures sinon on perd l'opportunité de l'acquisition », prévient Alexandre Samson. Pour conforter leurs choix, les commissaires d'exposition sont très connecté·e·s à la presse et Instagram. « Je suis attentif au bouche-à-oreille. J'essaye de discuter au maximum avec des journalistes après les shows, de rencontrer régulièrement des personnes qui travaillent au sein des studios et je regarde ce qui a le plus capté l'attention sur Instagram... », poursuit ce dernier. « Nous vivons un moment passionnant où de multiples dialogues sur Internet se nouent entre journalistes, designers, consommateurs, collectionneurs et conservateurs. Aujourd'hui, la valeur d'une marque ou d'un designer se négocie de plus en plus collectivement en ligne, il faut rester attentif à cela », ajoute Andrew Groves. Suivre sans être trop influencés... « Une collection de mode, c'est très subjectif. Il faut être honnête, l'objectivité est impossible à tenir... même lorsqu'on essaye d'avoir une vision encyclopédique des collections », précise Alexandre Samson. L'important : acquérir des pièces très représentatives de l'époque ou de la démarche d'un·e designer (ce qu'Alexandre Samson appelle le « Manifeste créatif » d'un·e directeur·rice artistique). Des Triple S de Balenciaga, un hoodie Vetements, une pièce Rick Owens qui capte les angoisses de notre société actuelle...

Défilé Y/Project AH 20/21. Photo de Victor VIRGILE/Gamma-Rapho via Getty Images

Le cas des designers émergent·e·s

Off-White, Alyx, GmbH, Koché : faut-il faire entrer les marques émergentes au musée ? Toute la mission des commissaires d'exposition est de détecter les éventuelles bulles spéculatives, distinguer l'acte créatif du simple coup marketing. « On se trompe évidemment, mais ça fait partie du métier..., souligne Alexandre Samson. J'ai appris qu'il fallait se méfier des images. Vogue Runway est traître : on a l'impression qu'on comprend tout d'une collection en regardant ces images mais ce n'est pas vrai. II manque un mouvement, le dos, le profil ! Surtout, j'aime beaucoup regarder l'intérieur d'un vêtement et sa composition : on comprend où le créateur veut aller » poursuit le commissaire qui a déjà acquis du Jacquemus, du Y/Project ou encore du Nina Ricci par Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh. « Les designers et les marques sont de plus en plus conscients du pouvoir des expositions, leur permettant de présenter leur travail comme des artefacts culturels sur lesquels reposent des stratégies de marketing. Cela peut devenir problématique lorsque leur propre histoire entre en collision avec la façon dont ils souhaitent être présentés.Mer Notre devoir est d'interpréter l'intention du designer et de contextualiser son travail, d'expliquer sa signification pour les générations présentes et futures mais pas de répondre à des questions marketing », conclut Andrew Grooves.

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